Alain Tardieu est le Grand Commandeur de la confrérie de la châtaigne et a une vision très entrepreneuriale de sa fonction. Tel un sacerdoce, il dédie son temps au fruit préféré des Ardéchois.

La confrérie de la châtaigne est née en 1994 de la nécessité de protéger une production particulièrement menacée. Une exigence qui se ressent au contact d’Alain Tardieu. Ce commandeur et ambassadeur voue sa vie — et son couple — à la promotion de l’emblème ardéchois. Gisèle, son épouse, Grand écritoire et « femme de l’ombre », comme elle se définit, est également très impliquée dans l’association.

Mission protection

Pour eux, comme pour le Grand maître Norbert Bertrand et tous les membres de la confrérie, la mission est plus que sérieuse car « de multiples maladies menacent la châtaigne et les mille emplois qu’elle procure au territoire. Le réchauffement climatique met également en danger la production ! » Alors outre la promotion et l’information autour de la châtaigne, ils mettent aussi en relation « les acteurs attachés au développement alimentaire qualitatif et qui favorisent son essor départemental et régional ».

Un petit coup de pouce pour une industrie fragile, mais aux terroirs et traditions solides qui n’est pas arrivé par hasard… Alain Tardieu était en effet chargé de promotion au sein de la chambre d’agriculture de l’Ardèche. « J’étais dans l’équipe chargée de la création de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) pour la châtaigne et j’ai effectué quelques missions pour la marque collective qui est devenue Goûter l’Ardèche »

Un premier pas en 2001, qui va devenir pèlerinage menant les Tardieu aux quatre coins de la région. La confrérie de la châtaigne fait en effet partie de l’ambassade des confréries Auvergne Rhône-Alpes et bénéficie ainsi d’une visibilité beaucoup plus vaste. « Ce n’est pas notre seule particularité ! Nous avons de membres qui, par choix, ne souhaitent pas être intronisés, Dans nos rangs, nous avons environ 450 intronisés, 80 cotisants et une trentaine de membres actifs. Nous avons fait le choix de ne plus introniser trop largement. Nous sommes très stricts maintenant.

Surprise de crise

Un travail qui paie et qui se voit notamment lors des Castagnades qui, depuis plus de 20 ans, réunissent l’Ardèche autour de « sa » châtaigne. Et si la crise a reporté d’un an les festivités du 25e anniversaire de la confrérie, elle n’a pas eu que des côtés négatifs. « Lors du confinement, la fréquentation de notre site internet a explosé car les gens voulaient trouver des recettes originales ! » À quelque chose, malheur est bon, y compris pour les 65 variétés de châtaignes chères aux yeux d’Alain Tardieu !

 

Pierre BRUNET

Le Dauphiné Libéré

J'aime je partage !